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Visite du Père Hugues

Mise à jour : 30 août 2016

Les classes de CE1-CE2 et de CM1-CM2 ont eu l’honneur d’accueillir le Père Hugues, ancien Malgré-Nous. Voici le compte rendu de son récit. Merci à lui pour son récit si vivant, qui a captivé les enfants... et les grandes personnes présentes !

Il vivait en Alsace. L’année de ses 13 ans, en 1940, il est au collège. L’Alsace devient allemande. Plus personne n’a le droit de parler français, les livres en français sont même brûlés. Tous les cours ont lieu en allemand.
Les samedis après-midi, tous les élèves doivent participer à l’effort de guerre, par exemple en rassemblant du fer et d’autres objets.

A ses seize ans, le Père Hugues est incorporé de force dans l’armée allemande. Il devient un Malgré-Nous. Avec son frère jumeau, il part en Pologne.

Les résistants polonais coupaient les fils du téléphone pour empêcher les communications. Alors, le capitaine du Père Hugues le désigne au hasard pour devenir officier de liaison. Le Père Hugues va devoir faire plusieurs fois par jour le trajet entre la troupe et le Quartier Général, au péril de sa vie.

Deux ans plus tard, en 1944, pour le remercier d’avoir fait ce travail, le capitaine lui accorde 15 jours de permission. Mais Père Hugues veut partir avec son frère. Son capitaine finit par céder. Les deux frères parent très joyeux à la gare et réussissent à trouver un train pour Strasbourg. Là, ils doivent attendre toute la nuit dans le froid. Nous sommes le 19 novembre 1944. Le 20 au matin, ils arrivent à Sélestat chez leurs parents. Leur père est inquiet car il pense qu’ils ont déserté. Non, ils ont une vraie permission ! La famille se réjouit d’être réunie. Et le 23 novembre, Strasbourg est libérée ! Les deux frères ne retournent pas dans leur unité à la fin de leur permission : ils seront donc finalement des déserteurs pour l’armée allemande !

Ils n’ont pas pu passer leur bac, mais l’armée allemande, puis ensuite la République Française, leur a accordé le niveau pour qu’ils puissent poursuivre leurs études.

Le 24 mai, les deux classes se sont rendues au mémorial de Schirmeck pour compléter la visite, grâce à une subvention du Souvenir Français.