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Présentation d'anciens registres, de 1792 à nos jours, détenus dans les archives de la mairie

Mise à jour : 25 septembre 2014

Sources : Les Dernières Nouvelles d’Alsace du 18/09/2014 par E.K.

" « C’est le moment ou jamais de montrer ce qui s’est fait dans le passé », estime Luc Ginsz, maire de Kienheim depuis ce printemps. Il y a par exemple ce plan cadastral du ban communal de 1899 qui montre ce petit village du Kochersberg. L’équipe veut le juxtaposer dimanche après-midi avec celui de 1960. « Puis, il y a le futur aménagement foncier. Pour fin 2016, nous avons un projet de remembrement intercommunal avec Durningen. Suite à des cessations d’activités ou des successions, des agriculteurs possèdent des terres sur le ban de la commune voisine », explique le maire.

Quand un nouveau maire arrive, il prend aussi en charge la conservation des documents. Sont apparus d’anciens registres de naissance, de mariage, de décès. « Nous l’avons signalé aux archives départementales. S’ils estiment qu’ils sont en danger, ils vont les récupérer ».

Une curiosité, cet inventaire de 1807 à nos jours qui évoquent d’autres tranches d’histoire : un buste de la République « détruit par l’occupant », un poêle « enlevé par les Américains », un drapeau tricolore, une urne, une agrafeuse « réquisitionnés »…

Le registre des étrangers est peut-être le document le plus parlant : un certain Holczak, de nationalité polonaise, est venu le 13 mai 1901 de Reitwiller pour travailler une journée à Kienheim. Pawel Dzinba était resté par contre dix jours en 1895. Antoine Nicolajezaku, « domestique », né le 11 janvier 1886, de nationalité polonaise, est ainsi arrivé le 14 août 1925 d’Ostwald pour repartir trois jours plus tard. « Les familles chez lesquelles ces saisonniers travaillaient et logeaient se reconnaîtront », estime Luc Ginsz. Des tranches de vie défilent. Beaucoup de Polonais, mais aussi des Autrichiens venaient ainsi de Pfettisheim, Hohfrankenheim ou Durningen pour faire étape à Kienheim.

Un registre de mariages témoigne d’une autre époque. Les deux inscrits en 1871 – « c’est un petit village », souligne le maire – sont rédigés en français. Puis en 1872, on passe à l’écriture allemande gothique. « Ce n’est pas facile à déchiffrer », admet Jean-Paul Petrazoller. Une raison de plus de déposer certains documents aux archives ? Là, généalogistes et historiens pourront toujours s’en donner à c½ur joie.

En août, la délibération de la commune signalant la présence de ces registres – appelée récolement dans le jargon administratif – est arrivée sur le bureau de Marie-Ange Duvignacq, responsable du conservatoire du patrimoine et chargée du suivi des archives dans le département. « Ce maire a vraiment joué le jeu. Leur démarche est intéressante », estime la conservatrice évidemment passionnée par le sujet. « Ce patrimoine écrit est propriété de la commune, mais le maire est responsable de sa bonne conservation. Ces documents, qui ne sont pas exceptionnels mais plutôt classiques, se trouvent néanmoins sous un contrôle de l’État si la commune voulait les éliminer ou les valoriser par exposition ou publication. On ne fait pas n’importe quoi avec eux ». Ceux qui ont plus de 100 ans, doivent, selon la loi, être transmis aux archives départementales. « Je ne peux qu’encourager le dépôt. Je le propose toujours mais j’ai beaucoup de mal à faire passer mon message », ajoute la conservatrice qui lance par ce biais un appel à d’autres communes. "